Cette
petite monstre est une Anophèle qui transmet le paludisme !
un million de décès !
Un médicament simple et bon marché va pouvoir
être utilisé contre le paludisme qui provoque chaque année un million de
décès
toutes
les trente secondes...
Toutes les trente secondes, un enfant dans le monde meurt du
paludisme. Chaque année, la maladie provoque un million de décès, le plus
souvent chez des enfants d’Afrique subsaharienne. Face à ces chiffres
effrayants, c’est une authentique bonne nouvelle qui a été annoncée jeudi
1er mars avec l’arrivée sur le marché de l’Asaq, un nouveau médicament
simple, peu cher et non protégé par un brevet pharmaceutique.
collaboration inédite...
Ce médicament a été mis au point grâce à une collaboration inédite
entre le laboratoire Sanofi-Aventis et la fondation DNDI (Initiative sur
les médicaments pour les maladies négligées). Créée en 2003, cette
fondation regroupe Médecins sans frontières, l’Institut Pasteur, des
instituts de recherche du Brésil, d’Inde et du Kenya, ainsi que le
ministère de la santé malaisien.
« C’est la première fois qu’un partenariat de ce type, présenté par
certains comme le mariage de la carpe et du lapin, aboutit à une
réalisation aussi concrète », se félicite le docteur Robert Sebagg, de
Sanofi-Aventis. « Un modèle de collaboration », reconnaît le docteur
Bernard Pécoul, directeur exécutif du DNDI.
Un médicament simple et bon marché
Pendant
longtemps, le paludisme en Afrique était traité avec de la chloroquine, un
produit conçu dans les années 1950 mais qui a progressivement perdu son
efficacité à cause de l’apparition de résistances.

Depuis 2001, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande
d’utiliser des traitements associant un antipaludéen classique avec des
dérivés de l’artémisinine, issue d’une plante chinoise. Plusieurs de ces
traitements sont aujourd’hui disponibles, mais restent assez lourds à
utiliser. Ils reposent sur la prise, en trois jours, de 24 comprimés chez
l’adulte et 12 chez l’enfant.
deux comprimés quotidiens !
Le nouveau traitement combine, lui, dans un seul et même comprimé, deux
substances : l’artésunate (AS) et l’amodiaquine (AQ). Pour être traité, un
adulte doit avaler deux comprimés quotidiens (en une seule prise) pendant
trois jours.

"On va créer un immense espoir en Afrique"
L’enfant
a seulement besoin d’un comprimé quotidien durant trois jours. « Cette
simplicité d’utilisation est essentielle. Le fait de devoir prendre
beaucoup de cachets ne favorise pas toujours, en effet, un bon suivi du
traitement. Souvent, les patients, une fois qu’ils se sentent mieux,
abandonnent le traitement en cours de route, ce qui provoque des
résistances », constate le docteur Sodiomon Sirima, du Centre de recherche
et de formation sur le paludisme du Burkina Faso.
Le traitement sera accessible au prix d’un dollar (0,77 €) chez l’adulte
et d’environ un demi- dollar (0,38 €) pour les enfants. Soit environ deux
fois moins cher que les médicaments existants. Sanofi-Aventis envisage de
produire environ 18 millions de traitements par an. Le fait qu’il ne soit
pas protégé par un brevet pourra permettre sa production par d’autres
laboratoires.
« Avec ce médicament, on va créer un immense espoir en Afrique, reconnaît
le docteur Ogobara Doumbo, du centre de recherche sur le paludisme du
Mali. Et nous devrons être à la hauteur de cet espoir pour faire en sorte
que, demain, ce médicament ne soit pas uniquement disponible dans nos
capitales mais aussi dans tous les villages des zones rurales, là où le
paludisme sévit de manière endémique. »
Pierre BIENVAULT